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Sept semaines sans école : considérer enfin les enfants ?

Ecrit par Laure Kloetzer

Cet article retrace l’évolution des débats en Suisse depuis la fermeture des écoles le 13 mars dernier, à partir d’une lecture de la presse francophone, suisse et française, pendant ces sept dernières semaines.

En Suisse, l’éducation est une affaire cantonale. La politique éducative (dont les ressources financières dédiées à l’éducation, la formation des enseignants, les calendriers scolaires, les programmes, les dotations horaires et les examens, par exemple) est une responsabilité de chaque canton. Avec 26 cantons, quatre langues officielles, et des sensibilités différentes, l’harmonisation de ces politiques est un enjeu récurrent.

Pendant la pandémie de COVID19 néanmoins, la Confédération a, fait rarissime, pris la main sur les cantons au nom de la santé publique pour une question éducative, et pas la moindre : la décision de fermer les écoles, qui est intervenue brutalement et instantanément. Le vendredi 13 mars 2020 était donc le dernier jour d’école « physique » en Suisse, pour une durée d’abord indéterminée.

Nous revenons dans ce billet sur ces dernières semaines d’école à distance, en nous attachant à identifier à partir de la lecture de la presse les points de cristallisation des débats publics autour des questions éducatives en Suisse, notamment en comparaison avec la France. Nous identifions trois périodes : la fermture des écoles et les jours qui ont suivi ; l’épuisement parental et la continuité pédagogique, du 22 mars au 13 avril ;

Première période : du 13 au 22 mars – premiers jours sans école.

La décision de fermer les écoles a été prise, comme presque partout ailleurs en Europe, dans un contexte de crise sanitaire faisant craindre un débordement de la capacité de prise en charge dans les hôpitaux des malades du COVID19 nécessitant des soins intensifs. Faisant suite aux premières mesures d’hygiène et de « distanciation sociale », l’enjeu est de casser l’explosion de l’épidémie. La fermeture des écoles fait partie d’un ensemble de mesures fortes destinées à réduire la propagation de la maladie par la réduction des contacts humains physiques. Ces mesures comprennent un confinement « à la suisse » ou semi-confinement, basé sur l’appel à la responsabilité citoyenne de chacun, sans contrainte ni contrôle ; une incitation au télétravail quand c’est possible (qui était déjà en place dans certaines entreprises depuis une semaine au moins) ; l’interdiction des rassemblements de plus de 5 personnes ; la fermeture de tous les commerces qui ne sont pas des commerces de première nécessité ; la fermeture des musées, bibliothèques, clubs sportifs, églises, etc. ; le contrôle des frontières, fermées sauf aux travailleurs transfrontaliers ; etc. (voir l’ordonnance détaillée ici https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/20200744/index.html).

Dans ce contexte, les mesures concernant les écoles sont les suivantes, au chapitre 3 de l’ordonnance du 13 mars, article 5 :

« Art. 5 Écoles, hautes écoles et autres établissements de formation

1 Les activités présentielles dans les écoles, les hautes écoles et les autres établissements de formation sont interdites.

2 Les examens dont la date a déjà été fixée peuvent se dérouler si les mesures de protection requises sont appliquées.

3 Les cantons veillent à garantir des offres d’accueil pour les enfants qui ne peuvent pas bénéficier d’une solution de garde privée. Cette tâche ne peut pas être confiée à des personnes vulnérables.

4 Les crèches ne peuvent être fermées que si les autorités compétentes prévoient des offres d’accueil de remplacement adéquates. »

A ce moment là, dans les débats scientifiques en épidémiologie, sur la base de la littérature chinoise, on sait déjà que les enfants sont très peu nombreux parmi les morts et malades graves du COVID19, mais on ignore encore si cela vient du fait que les enfants n’attrapent pas la maladie ou qu’ils l’attrapent mais sans développer de symptômes. En d’autres termes, on subodore que les enfants ne sont pas des populations à risques pour le COVID19, mais sans disposer encore d’études scientifiques sur leur degré de contagiosité s’ils sont asymptômatiques, ni leur éventuelle immunité (ou pas) à la maladie.

La décision historique de fermer les écoles est prise sur la base de modélisations (notamment des équipes d’épidémiologistes d’Imperial College au Royaume Uni) sur la transmission de la grippe, qui a des propriétés très différentes, ainsi que sur les projections de ces mêmes équipes sur le nombre de morts attendus dans chaque pays sans réduction très forte des contacts sociaux. Cette décision grave accompagne d’autres décisions graves, dans un temps qui ne tolère pas la discussion, dans un contexte où le seul critère est la santé publique. Dans les milieux scientifiques, sa pertinence à la fois pour la santé des enfants et pour celles des personnes vulnérables de leur entourage fait débat, mais ces débats restent au sein de la communauté et ne transparaissent pas à notre connaissance dans les discours publics.

En résumé, les enfants sont ici considérés comme un facteur de risque comme les autres, ou pire que les autres, car ils sont au contact de nombreuses personnes de différentes sphères, et notamment de la population vulnérable de leurs grands-parents. Les risques pour eux de cette fermeture, leur perspective et besoins spécifiques âge par âge, ne sont jamais évoqués. Ni leur bien-être ou besoins spécifiques en cette période incertaine productrice d’angoisse pour beaucoup d’adultes, ni leurs besoins de contacts sociaux avec qui discuter de ces événements, ni le rôle de l’école dans l’accompagnement de ces questions, inquiétudes, et du besoin d’en parler avec des enseignants et des pairs ne sont considérés, ni même évoqués. L’enfant est renvoyé à sa sphère familiale restreinte, pour le meilleur et pour le pire, à un moment où celle-ci est potentiellement mise sous tension (maladie, chômage, inquiétude pour des proches ou pour l’avenir, par exemple).

La fermeture de l’école s’accompagne d’une injonction molle à la « continuité pédagogique » à distance, laissée entièrement à la discrétion des établissements scolaires et des enseignants. Cette dernière n’est ni pensée collectivement, ni outillée. Sommés de repenser tout leur enseignement pour le cadre familial en un week end, sans beaucoup d’aide technique ni d’infastructure d’éducation à distance proposées par leurs directions, les enseignants bricolent avec leurs propres ressources, et innovent parfois.

Par ailleurs, alors que dès la première semaine de coupure de l’activité, des mesures de mitigation et compensation sont annoncées au niveau fédéral pour l’économie, pas une mesure de mitigation concernant l’éducation n’est annoncée, ni à ce moment-là, ni plus tard. Les enseignants bricolent avec les moyens du bord, dans le meilleur des cas avec leur ordinateur, imprimante et connexion Internet personnels. Idem pour les élèves. Les questions d’équipement des écoles pour les rendre aussi résistantes que possible aux épidémies, les questions d’équipement des enseignants ou des familles pour leur permettre de « faire l’école sur Internet à la maison », l’augmentation du nombre d’enseignants pour réduire la taille des classes, par exemple, ne sont pas même abordées sur la scène publique.

Deuxième période : du 23 mars aux vacances de Pâques. Il s’agit surtout d’occuper les enfants

Les articles de cette période relatifs à l’éducation sont encore modestes. Au plan officiel, les exigences de la continuité pédagogique sont réduites (par exemple, dans le canton de Vaud, il s’agit seulement de révisions et pas d’acquisition de nouvelles connaissances). Les examens importants de cette période, dont les ECR (examens cantonaux de référence, qui permettent de valider en Suisse le passage dans les filières sélectives de l’enseignement obligatoire), sont annulés et remplacés par le contrôle continu (prise en compte des notes de l’année dans les décisions de passage). Ces décisions donnent lieu à peu de controverses.

Peu à peu, quelques autres thématiques apparaissent : tout d’abord, les articles concernent l’épuisement des familles – télétravailler tout en accompagnant l’école à la maison des différents enfants n’est pas une sinécure. D’autres articles fleurissent, sur comment occuper ses enfants à la maison ou au jardin, sur les meilleures applications éducatives, etc. Beaucoup s’attachent à valoriser de façon positive ces moments en famille retrouvés, autour de l’idée que les parents « rédécouvrent leurs enfants ». Parallèlement, la situation difficile des étudiants les plus précaires est mise en lumière : privés de revenus suite à l’arrêt de leurs activités alimentaires, ces derniers cumulent difficultés à suivre leurs études à distance et difficultés financières. Les mesures d’aide seront peu à peu étendues pour couvrir certaines de leurs situations. Une autre difficulté toutefois est peu débattue dans les journaux, celle des étudiant.e.s avec des charges de famille, qui peinent à garder le rythme de leurs études universitaires.

Les enseignants sont peu interrogées dans les medias. Certains parents d’élèves et enseignants s’y expriment spontanément, en soulignant les difficultés de la situation. Les points de vue des parents sont contrastés : certains se sentent dépassés, car transformés en auxiliaires sans compétence pédagogique pour accompagner leurs enfants dans les exercices demandés ; d’autres se sentent énervés de voir que l’école n’assure pas cette fameuse continuité pédagogique, que les enfants sont désoeuvrés. Les interventions politiques sur ce sujet, peu nombreuses, font froid dans le dos. Ainsi de cet officiel du canton du Genève qui déclare que « les parents exagèrent, car un trimestre de moins dans toute une scolarité ne fait pas de différence ».

Dans toute cette période, ce qui frappe d’abord, c’est la dissonance entre le discours officiel sans nuances (l’enseignement à distance marche) et la complexité des ressentis et des situations singulières sur le terrain. Ce qui frappe également, c’est l’absence criante et continue de considération pour le point de vue des enfants. Leur point de vue n’est jamais sollicité ni rapporté. Les risques pour leur bien-être et leur développement de cette école à distance et de cette digitalisation forcée de l’apprentissage ne sont pas évoqués. En France à la même période émerge la question des inégalités scolaires et le risque de décrochage à long terme des enfants et des jeunes déjà fragilisés dans leur rapport à l’école. Cette problématique trouvera un écho limité en Suisse romande, malgré sa pertinence pour certaines familles d’après nos propres recherches : perte de rapport à un temps structuré, perte de rapport à l’école par perte de rapports sociaux, perte de sens des apprentissages sans leur contexte social et dans un contexte de crise sociale qui n’y est pas débattu, etc. Ce qui frappe finalement, c’est l’absence d’une prise de position politique sur l’importance de l’éducation (qui est plutôt reléguée au rang de variable d’ajustement sanitaire) et l’absence de vision à moyen terme.  Que faire après ? Quels aménagements apporter à l’école, dans son organisation comme dans son architecture ? Quels soutiens offrir aux enseignants ? Si ces questions sont débattues dans le secret des établissements scolaires, ce débat essentiel n’atteint pas je crois les oreilles publiques dans les médias.

Les fêtes pascales marquent le début (ou le milieu, la date est variable selon les cantons…) des « vacances à la maison en semi-confinement » Temps de récupération pour les parents, enfants et enseignants épuisés par ces semaines d’adaptation constante à de nouveaux rythmes d’apprentissage et de vie en commun.

Troisième période : du 18 avril au 30 avril. Les débats autour de l’annonce de la reprise de l’école le 11 mai.

Le 18 avril, le conseil fédéral annonce la reprise de l’école le 11 mai. Cette annonce est ouvertement liée d’une part à la relative stabilisation des nouveaux cas de Coronavirus en Suisse, d’autre part à la pression reconnue des milieux économiques. Pour que les parents puissent reprendre le travail, il faut en effet qu’ils n’aient plus à assurer la garde de leurs enfants d’âge scolaire… D’autant que les grands parents ne doivent pas être mis à contribution pour la garde des enfants, ce qui est une habitude répandue en Suisse dans tous les milieux.

Cette annonce en Suisse romande fait immédiatement suite à l’annonce du Président français de reprise de l’école le 11 mai.  En France, cette annonce provoque une levée de boucliers de différents bords : les syndicats d’enseignants, tout d’abord, mais aussi la commission parlementaire du Sénat, qui dénonce une ré-ouverture mal pensée, « improvisée », sans consigne sanitaire claire.  Ces réticences trouvent des échos forts en Suisse romande. Une partie des critiques remet en question les raisons qui mènent à cette reprise considérée comme  hâtive, en soulignant que l’école est ici instrumentée au service de la reprise économique.  Une autre partie des critiques (notamment au niveau politique cantonal) refuse de prendre la responsabilité de cette décision au plan sanitaire. Pendant plusieurs jours de suspense, les débats se focalisent sur l’obligation du port du masque et du respect de la distanciation sociale à l’école. Ces deux éléments seront finalement écartés par les instructions officielles (annonces officielles du 30 avril).

En Suisse, la ré-ouverture des écoles prend ainsi le visage d’un bras de fer (très temporaire) entre la Confédération et les cantons, sur la question de la responsabilité de cette décision et des mesures sanitaires. Les cantons renvoient celles-ci à la Confédération, qui quant à elle insiste sur l’importance d’une gestion nationale. L’affaire est tranchée le 30 avril, avec « un retour au fédéralisme en matière d’éducation » (le Temps, 30 avril 2020) : chaque canton est libre de la mise en oeuvre des mesures sanitaires pour la ré-ouverture de l’école.

Un sondage en ligne du quotidien romand 24 heures recueille l’opinion de 10000 internautes sur la réouverture de l’école. 58% des parents la considèrent comme prématurée, s’inquiétant du respect des règles d’hygiène à l’école, ainsi que dans les transports en commun. La plupart se montrent inquiets à la fois pour les conditions sanitaires à l’école, et dans les transports communs qu’empruntent les scolaires. D’autres parents sont favorables à une reprise de l’école pensant que la situation ne s’améliorera pas à court terme et craignant les effets du confinement sur les enfants.

Cet accord avec la décision fédérale, fondé sur l’argument qu’il faudra bien apprendre à vivre avec le coronavirus, apparaît peu à peu dans les journaux grand public, notamment dans les prises de parole officielles. Il s’accompagne de mesures sanitaires dont l’obligation de reprendre l’école petit à petit et en demi-classes.

Une fois de plus, dans les débats pour ou contre la réouverture des écoles, l’intérêt des enfants n’est pas évoqué. Les effets de cette rupture brutale sont sous-estimés. Ruptures multiples, car l’école n’est pas seulement le lieu des apprentissages scolaires, mais aussi de la socialisation (au sens de participation à la société) et de la construction de l’identité, notamment dans les relations amicales avec des pairs et sociales avec d’autres adultes de référence que ceux du cercle familial. Pour les Suédois, la poursuite de l’école répondait aussi à la préoccupation de garder une forme de normalité pour les enfants dans cette période exceptionnelle, de leur offrir un espace sûr et connu où, peut-être, discuter enfin de ce qui les préoccupe – ou préoccupe leurs parents.

Ce que révèle à mes yeux cette crise jusqu’à présent, c’est premièrement l’absence scandaleuse de prise en considération du point de vue et des besoins des enfants dans les décisions qui les concernent en premier lieu ; deuxièmement, la place secondaire, pour ne pas en dire davantage, de l’éducation dans les préoccupations et prises de position politiques ; troisièmement, la vision réductrice de l’école, et plus largement de l’éducation et de l’apprentissage, que révèlent ces prises de décision et les débats publiés ; quatrièmement, l’absence de pensée à moyen ou long terme, pour accompagner l’école dans ses transformations en temps de pandémie et au-delà. En parallèle et j’allais dire, malgré tout, fleurissent des initiatives pédagogiques, souvent isolées, parfois collectives, pour accompagner les élèves à distance. Nous en parlerons dans de prochains billets.  

L’éducation en temps d’urgence

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Chères et chers collègues,

La fermeture brutale des écoles et institutions éducatives dans la plupart des pays d’Europe ces dernières semaines, accompagnée d’une injonction générale à maintenir la “continuité pédagogique”, a plongé les enseignants, parents, enfants et jeunes, dans une situation historique inédite. En tant qu’éducateurs, elle nous interpelle à plusieurs niveaux.

D’une part, au plan éducatif. La situation a forcé les enseignants à s’adapter et à innover dans l’urgence pour continuer à assurer leur mission d’éducation à distance. Qu’avons-nous, dans cette période, privilégié et cherché à conserver du lien pédagogique et de nos objectifs de développement des connaissances ? A quoi avons-nous renoncé ? Que ne pouvons-nous pas faire à distance que nous pouvons faire habituellement ? Que pouvons-nous faire à distance que nous ne pouvions pas faire habituellement ? Quelles sont les ressources que nous avons mobilisées ? Quelles sont les solutions créatives que nous avons imaginées et mises sur pied ? Qu’avons-nous appris dans ce processus ? Ce site, SILEX lab, se veut d’abord un moyen de partager, rassembler, discuter ensemble ces initiatives diverses. Pour que ce que chacun a fait ne soit pas perdu, mais puisse servir à tous, ou resservir, si la situation devait durer ou se reproduire – ce que personne ne peut prévoir actuellement. Mais aussi, pour mesurer, de façon critique, les limites et les manques. Car la situation a révélé, en les supprimant partiellement, combien les processus éducatifs dépendent d’espaces, matériels et sociaux, appropriés à leur réalisation, qui pourraient peut-être en temps ordinaire faire mieux l’objet de nos soins collectifs. Elle a aussi révélé, pour nombre d’entre nous, le manque de moyens, d’infrastructures et de soutien institutionnel dans cette transition numérique forcée, et l’ambiguïté des discours et des choix politiques la concernant. Silex cherche à rassembler sous forme de courts textes ou vidéos nos réflexions et créations à tous en ce domaine. Ceci dans toutes nos langues, et avec une conception de l’éducation qui rassemble dans une même réflexion enseignants à écoles, professeurs de musique et de sport, éducateurs dans les centres culturels et sociaux, enseignants et professeurs dans les écoles professionnelles et universités…

La situation nous interpelle en effet aussi politiquement, et ce point mérite partage d’informations, échanges et discussions critiques au plan national comme au plan international. La disparition brutale de l’école comme lieu de rassemblement souligne crûment les rôles divers et contrastés que joue l’école dans la société. Son rôle essentiel de socialisation, qui permet aux enfants et aux adolescents d’apprendre ensemble, de se construire ensemble comme membres actifs d’une société, a été largement négligé dans les premiers temps du confinement. Alors que des mesures de soutien à l’économie ont été annoncées partout en Europe, nous relevons le manque criant de mesures de soutien à l’éducation, confrontée à des enjeux majeurs de digitalisation forcée, et le recours général aux ressources propres des enseignants en ce domaine. Nous relevons aussi, pour ce qui concerne les pays que nous connaissons un peu, la France et la Suisse, la place limitée des enjeux éducatifs dans les réflexions politiques de réponse à la crise. Tirant parti de notre transnationalisme scientifique, ou pour le dire plus concrètement, de l’existence d’une communauté internationale forte d’éducateurs habitués de longue date à collaborer au delà des frontières, dans deux sociétés savantes précieuses pour nous, EARLI et EAPRIL, nous cherchons à penser la place affichée de ces enjeux éducatifs dans chacun de nos pays. Comment ont-il été traités dans les premiers temps de la crise ? Comment leur traitement évolue-t-il ? Quelles sont les thématiques qui émergent partout en Europe ou sont spécifiques dans certains pays ? Quels sont les débats, les argumentaires, mobilisés autour de l’école en temps de covid-19, de sa fermeture à sa réouverture ? Ce travail s’appuie en particulier sur des revues de presse et synthèses nationales, afin que nous puissions mieux comprendre, suivre et discuter ce qui se passe dans chacun de nos pays.

Nous faisons pour conclure un constat – la période suscite toutes sortes d’initiatives et de réflexions fécondes des gens en première ligne sur ces questions, qui sont bien en décalage avec ce qui se discute (ou pas) sur la scène politique, sur laquelle les enjeux éducatifs sont passés largement au deuxième (ou troisième…) plan face aux enjeux sanitaires et économiques. SILEX lab vise donc à vivifier, d’abord entre nous, les réflexions sur l’éducation en temps de covid-19, afin à terme d’améliorer leur visibilité médiatique et politique et d’en tirer les leçons, maintenant et après.

Nous faisons donc appel à vous, chères et chers collègues. Nous avons besoin pour cette plate-forme de coordinatrices/coordinateurs nationaux. Le rôle implique entre autres : (a) d’inviter des enseignants, éducateurs, parents, élèves, étudiants,  à présenter leurs réflexions sur le sujet (sous forme de textes ou vidéos), et de modérer/animer les discussions qu’elles suscitent ; (b) de valider les inscriptions dans notre futur forum de discussion des contributeurs nationaux (le forum sera sur inscription uniquement mais visible publiquement) ;  (c) enfin, de rassembler et commenter une revue de presse nationale dans le but de construire cette connaissance élargie de la façon dont ces questions sont abordées et évoluent en Europe. Le site n’est pas limité aux bonnes idées européennes, toutefois, comme il s’appuie sur nos communautés respectives, EARLI et EAPRIL, il rassemble en premier lieu des contributions européennes (au sens large).

Dites-nous ce que vous en pensez.

Au plaisir d’échanger bientôt avec vous,

Ilona, Marcelo & Laure

  • Ilona Laakkonen, JAMK University of Applied Sciences, University of Jyväskylä, Finland
  • Marcelo Giglio, HEP Bejune, Switzerland
  • Laure Kloetzer, Institut de Psychologie et Education, Université de Neuchâtel, Switzerland